Manifeste Dans Le Transport Interurbain : Ces Obstacles Qui Font Douter De L’applicabilité (expert)

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Manifeste dans le transport interurbain : Ces obstacles qui font douter de l’applicabilité (Expert)
En ouvrant les routes au transport interurbain, l’Etat a fixé comme condition que toute véhicule d’une gare interurbaine officielle fournisse des informations le concernant afin qu’on puisse rapidement le retrouver, en cas de besoin.
«Le nom, le prénom, les références de la carte d’identité nationale, son lieu de destination et son numéro de téléphone y étant consigné », a indiqué hier le ministre du Transport, Me Oumar Youm. Non sans ajouter que « le gestionnaire de la gare devra s’assurer de la bonne tenue du manifeste qu’il présentera automatiquement, sur demande des autorités».
Spécialiste des données personnes, Cheikh Fall a des doutes quant à l’opérationnalité d’une telle mesure. « Une bonne partie des acteurs du transport ne sont pas scolarisés. Ensuite, sur le plan opérationnel, ça va se faire sur quel support ? Est-ce que c’est le papier ou sur ordinateur », se demande l’expert.
Cheikh Fall fait remarquer déjà que le parrainage a été très difficile pour les candidats à la présidentielle de 2019. Or, souligne-t-il, non seulement ces derniers sont des intellectuels, mais ensuite, il dispose d’état-major et de toute une équipe. Malgré tout, beaucoup ont échoué au test du parrainage. Comment alors le faire avec des acteurs qui ne sont pas préparés à cette nouveauté.
S’agissant de la sécurité des données personnelles qui seront collectées, Cheikh Fall nourrit des inquiétudes. « Je reste sur ma faim quant à la maîtrise totale du périmètre qui garantit la sauvegarde des données ». Le spécialiste rappelle qu’il est arrivé des cas où ces informations personnelles n’ont pas été bien gardées ou parfois même volées. « Je suis très dubitatif et très prudent. Il faudra encadrer le processus, l’organiser avec les outils qui permettent de garantir la sécurisation », préconise-t-il.
Et pour cela, cet interlocuteur pense que non seulement l’informatique s’impose, mais il faut un consortium qui regroupe, outre les trois ministère concernés que sont la Santé, le Transport et l’Intérieur, les organes dédiés de l’Etat à savoir l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) et la Commission de protection des données personnelles (Cdp).
« Si un seul acteur veut gérer, ça sera difficile. Car il faut mobiliser toutes les ressources humaines et techniques, mais également les ressources financières. »