[focus] Covid-19 Dans Le Monde : Ces Pays Qui Font Office D’oasis De Paix

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Le Lesotho et les Iles Comores épargnés par le Coronavirus
Epargnés jusqu’ici par la pandémie du coronavirus, l’archipel des Comores et le royaume du Lesotho comptent le rester. Même cas de figure pour trois pays asiatiques. Plusieurs mesures ont été mises en œuvre pour y arriver. Lumière sur les facteurs qui font de ces deux pays des oasis de paix dans un océan de terreur.
L’Afrique est plus que jamais touchée par la pandémie du coronavirus, même si, jusqu’ici, le continent semble défier les prédictions les plus sombres. Au moment où plusieurs pays africains comptent leurs cas par dizaines au quotidien, deux pays restent jusqu’ici épargnés par la pandémie. Il s’agit de l’archipel des Comores et du Lesotho.
Trois autres pays, qui faisaient partie depuis un passé récent (début du mois d’avril) d’une short-list de cinq pays, ont récemment enregistré leurs premiers cas. Il s’agit du Soudan du Sud, de l’archipel de Sao Tomé-et-Principe et du Malawi qui comptent des cas depuis le début du mois d’avril.
En dehors du facteur géographique (Comores est un archipel, alors que le Lesotho est un petit royaume) d’autres facteurs expliquent ces exceptions africaines. En plus de mesures draconiennes sur le plan sécuritaire, des méthodes de prophylaxie contre le paludisme justifieraient l’absence de cas.
Comores, une immunité à l’artémisine ?
Situé dans l’océan Indien entre Madagascar et le Mozambique, l’archipel des Comores doit sûrement remercier le ciel pour sa situation d’insulaire quasiment coupée du reste du monde secoué par la pandémie meurtrière du coronavirus.
Si la géographie est ‘’défavorable’’ à la pénétration du virus, un traitement prophylactique de masse contre le paludisme à base d’artémisine serait, selon le ministre de la Santé, à l’origine de l’exception comorienne.
L’artémisine est une substance sécrétée par l’armoise (Artemisia Annua), une plante originaire de Chine. Ses dérivés fournissent l’essentiel des traitements utilisés contre l’épidémie de paludisme responsable de près d’un million de morts par an, principalement en Afrique et en Asie du Sud-Est. Le laboratoire pharmaceutique français, Sanofi, a d’ailleurs reçu, en septembre 2012, le prix Pierre Potier de la Chimie «verte» pour la production industrielle de la synthèse de l’artémisine, le plus efficace des traitements antipaludéens.
Cette thèse du ministre de la Santé comorien est corroborée par un médecin généraliste de la capitale comorienne, Moroni, Dr Abdou Ada. «Je me permets de croire que le traitement antipaludéen de masse explique le fait que les Comores sont, pour l’instant du moins, épargnées par la Covid-19. Il s’agit d’une conviction personnelle qu’il faut confirmer scientifiquement», déclare-t-il.
Depuis la confirmation de cas de Covid-19 dans l’île française voisine, Mayotte, les autorités comoriennes ont renforcé la sensibilisation et la surveillance des frontières.
Confinement au Lesotho, un ministre arrêté pour violation
Au Lesotho, le petit royaume africain, les autorités ne badinent pas avec le confinement anticoronavirus en vigueur depuis une vingtaine de jours. En effet, même si aucun cas positif n’est recensé pour le moment, le petit pays de 2 millions d’habitants d’Afrique australe, qui ne disposait ni de test encore moins de centre de dépistage avant l’arrivée en fin mars des kits offerts par le milliardaire chinois Jack Ma, le Lesotho est très rigoureux avec le confinement.
C’est pourquoi d’ailleurs des spécialistes ont avancés une hypothèse contraire à celle du ministre de la Santé. Pour eux, si ces pays ont zéro cas, c’est parce qu’ils ne disposent pas de moyens pour faire les tests nécessaires afin d’identifier les cas positifs à la Covid-19. Les Comores, par exemple, ne disposent pas de laboratoire pour analyser les prélèvements. Ce déficit en matériel explique aussi la faiblesse du nombre de personnes officiellement infectées dans certains pays comme le Soudan du Sud, La Libye, le Yémen, la Syrie qui affichent moins de 50 cas au compteur.
Aucune dérogation n’est acceptée. Même pas pour les plus hautes autorités. Et le ministre de la Police du Lesotho ne dira pas le contraire. Lehlohonolo Moramotse a été mis aux arrêts lundi pour violation du confinement, notamment en achetant de l’alcool. Remis en liberté le lendemain, le ministre de la Police a tout même été présenté à un juge. Il lui est reproché «d’avoir violé les règles de confinement et d’avoir branché illégalement son domicile sur le réseau de distribution d’eau».
Comme quoi, le royaume du Lesotho tient à tout prix, comme les Comores, à rester loin des affres du coronavirus.
Outre ces pays africains, il y a trois pays asiatiques jusqu’ici épargnés par la Covid-19. Il s’agit de la Corée du Nord, du Tadjikistan et du Turkménistan. Des experts occidentaux en doutent et pensent, particulièrement pour la Corée du Nord, que Pyongyang a une gestion nébuleuse de la pandémie et mène une communication mensongère. Pourtant, l’Oms ne dément pas Kim Jong-Hun. De décembre à maintenant, le pays a placé plus de 24 000 personnes en quarantaine. Mais jusque-là, aucun cas positif.