Coronavirus : Les Recommandations Pour Le Ramadan En Confinement

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Coronavirus : Les recommandations pour le Ramadan en confinement
Alors que le mois de jeûne musulman doit démarrer jeudi ou vendredi, le Conseil français du culte musulman fait le point sur les adaptations qu’impose la lutte contre l’épidémie.
C’est un ramadan inédit qui va démarrer cette semaine pour la communauté musulmane de France – estimée entre 5 et 9 millions de fidèles –, dont les rituels de ce mois de jeûne et de prière seront profondément bousculés par la crise due au coronavirus. Alors que le confinement, mis en place depuis plus d’un mois et au moins jusqu’au 11 mai a imposé la fermeture des mosquées à l’instar de tous les lieux de culte, le Conseil français du culte musulman (CFCM) émet une série de recommandations pour l’observation de ce ramadan particulier.
Emmanuel Macron avait prévenu, dès le 23 mars, les représentants des cultes que les fêtes d’avril (la Pâque juive, Pâques, le début du ramadan) devraient se faire « sans rassemblement ». Le ramadan devrait cette année démarrer dans la nuit de jeudi à vendredi 24 avril, mais une commission religieuse, réunie à la Grande Mosquée de Paris, décidera officiellement de la date jeudi à 18 heures, rapporte Le Figaro. Dans une note datée du 28 mars et mise à jour le 12 avril, consultable sur son site Internet, le Conseil français du culte musulman (CFCM) fait le point sur les adaptations qu’impose la lutte contre l’épidémie.
Le jeûne
« La pratique du jeûne dépend intrinsèquement et individuellement de chacun, là où il se trouve. Cette pratique n’est donc pas affectée directement par le contexte de pandémie, souligne l’institution religieuse. Celles et ceux qui remplissent les conditions du jeûne et sont en mesure de l’observer l’observeront comme d’habitude. »
Les prières à domicile
Si la pratique du jeûne ne s’en trouve pas bousculée, la principale contrainte est la fermeture des mosquées, qui impose aux fidèles de prier chez eux, seuls ou en famille. « Le CFCM appelle les responsables musulmans à maintenir les mosquées fermées et incite les fidèles à accomplir leurs prières chez-eux, jusqu’à nouvel ordre. C’est la seule attitude responsable et conforme aux principes et aux valeurs de notre religion dans ce contexte d’épidémie. »
« Il est recommandé aux familles d’accomplir, en groupe, les prières journalières obligatoires ainsi que le tarawih [prière de nuit]. Ce qui leur permettra de profiter pleinement des mérites de la prière en groupe, d’accompagner au mieux leurs enfants dans leur vie spirituelle et leur transmettre, par la même occasion, les valeurs authentiques de notre religion. »
Les repas de rupture du jeûne
« Par le passé, de nombreuses mosquées et associations caritatives organisaient des repas de rupture du jeûne (iftars) et les partageaient avec les plus démunis et avec nos amis de toutes confessions. Il est fort probable que ces repas ne puissent avoir lieu cette année dans leurs formats habituels », déplore également l’institution, avant d’évoquer des alternatives :
« Des distributions de repas répondant aux restrictions en vigueur pourront faire l’objet d’une concertation avec les autorités locales de notre pays et faire appel à l’entraide entre les différents acteurs associatifs. »
Des « lieux de ressourcement » en ligne
« Le CFCM met tous les moyens dont il dispose pour que son site officiel (www.cfcm-officiem.fr) et sa chaîne YouTube, cfcm-officiel-tv, soient des lieux de ressourcement et appelle toutes les forces vives de notre communauté à y contribuer par des interventions orales ou écrites, des récitations du Coran, des invocations et tout ce qui peut être une alternative à la rencontre physique dans les mosquées. »
Le soin fait aux défunts et leur sépulture
Outre le ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, qui se voit chamboulé par l’épidémie, les fidèles s’inquiètent particulièrement du soin fait à leurs défunts et de leur sépulture, le retour du corps au pays d’origine étant impossible, pour l’heure, rappelle l’article du Figaro.
Le CFCM en appelle ainsi à une « intervention urgente des pouvoirs publics » et demande aux maires, chargés de la gestion des cimetières, de prendre leurs « responsabilités face à la souffrance et à la douleur de ces familles qui ont perdu un être cher et qui se trouvent en grande difficulté pour inhumer leurs défunts ».